18/08/2012

LA LETTRE D'ETIENNE !

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HISTOIRE DE L’AGRICULTURE  A DOTTIGNIES

 

Mon cher Robert ,

Concernant l’agriculture dottignienne de nos jours

 

Aujourd’hui je compte encore + ou – 35 fermes en activité, alors qu’aux années 1970 cela se situait autour de + ou – 80 exploitants agricoles.

Quelques fermiers ont eu la chance d’avoir un successeur, alors que bien d’autres ont du abandonner leur métier dont les terres ont été reprise par des cultivateurs voisins ou ont étés tout simplement expropriés pour soi disant « utilité publique » voir Cora, le MIM etc.

En plus beaucoup de nos terres ont été coupées par des routes, par exemple la route expresse Dottignies-Mouscron et autoroute Courtrai-Dottignies-Tournai, sans parler des ronds points spacieux qui ont été aménagés, voir en direction d’Herseaux près de la ferme Maurice Deconinck.

La plupart des cultivateurs d’aujourd’hui sont en âge avancés c’est-à-dire  60 –65 ans et plus, et n’auront pas la relève assurée par un de leurs enfants .

Ce qu’on appelle «l‘exode rural ». Ils préfèrent aller travailler dans des conditions plus alléchantes et plus rémunératrices car il savent très bien que dans une ferme la présence est toujours indispensable  et il faut travailler tous les jours de l’année voire même les dimanches et jours fériés car le bétail doit être nourri et soigné sans relâche, donc métier harassant et jamais de congé.

Voilà quelques points obscurs de notre métier. Heureusement qu’on puise encore jouir d’une certaine liberté quant à notre mode de vie en respirant l’air pur de la campagne dans un calme relatif ! A Dottignies, il y a peu de grosses exploitations agricoles et la plaine est assez morcelée. On y voit guère de grandes étendues de terre d’un seul tenant comme on en rencontre dans la Hesbaye ou en France et ce à perte de vue dirais-je.

Il faut avouer que quelques fermiers (2 ou 3) cultivent plus de 60 hectares, tandis que la majorité des autres doivent se contenter de 20 ou 30 hectares ce qui était très respectable il y a quelques décennies mais qui seront appelées à disparaître dans le futur et c’est pareil dans beaucoup de domaines.

Voyez comme dans le commerce, les gros ont mangés les petits qui ont du fermer leur porte suite à l’invasion des grandes surfaces et bientôt les derniers seront acculés au même sort car ils seront évincés par les grands standings que ce soient le MIM , Cora etc. ….à vous de juger.

Concernant la plus ancienne ferme de Dottignies je citerais la ferme de la Haverie, Cabocherie (Fockedey) Valemprez (Dekimpe) Marhem (Vandamme). Voyez la zone d’habitat privé déjà actuellement à la ferme Fockedey ou la zone industrielle qui s’étant à la ferme René Dekimpe !!!! Quant à la ferme Vanneste au Sarpe, les bâtiments sont occupés mais les terres ont été cédées à d’autres cultivateurs voisins.

 

D’après nos journaux agricoles il faut dorénavant 50 hectares de culture pour survivre. On va de plus en plus vers le gigantisme comme dans tous les autres secteurs et bientôt les exploitants seront de vrais esclaves de leurs métiers.

 

Je sais que la mécanisation aide beaucoup, mais les agriculteurs seront du matin tôt, au soir tard, sur la brèche .

En plus beaucoup de jeunes fermiers ne trouvent plus de femmes pour entreprendre ou gérer une ferme car leur métier est ardu et ingrat, ou bien leur épouse ont une activité en dehors –soit enseignante, infirmière  ou que sais-je. Mais alors règne un climat de solitude et ce n’est qu’en fin de journée qu’ils ont quelques heures de compagnie et peuvent éventuellement prendre un repas ensemble. Je crois avoir été assez long mon cher, et j’en termine.

Vous pourrez peser le pour et le contre du métier d’agriculteur.

Etienne Glorieux

Fervent défenseur de nos terres agricoles villageoises

19-10-2003

 

 

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